Concurrence en Île-de-France : nouvelle étape pour le tramway et le Transilien
- Jérémie ANNE
- il y a 13 minutes
- 7 min de lecture
L'autorité organisatrice des transports franciliens Île-de-France Mobilité (IdFM) poursuit la mise en concurrence de son réseau de transports. Après les bus et les nouvelles lignes construites, le tramway est le prochain sur la liste ! Dans le même temps, deux nouveaux lots Transilien vont s'enclencher. On fait le point dans Transports Express Métropolitains (TEM) ! Note : Copyright des clichés : Jérémie ANNE/Équipe TEM.
Le tramway : la poursuite de l'extinction du monopole RATP
Le réseau de lignes de tramways franciliens s'est progressivement constitué au gré des projets de nouvelles lignes. En 2026, il compte 14 lignes. En retranchant les cinq lignes de tram-trains (T4, T11 à T14), dix lignes sont des tramways stricto sensu : T1, T2, T3a, T3b, T5, T6, T7, T8, T9 et T10.
Les deux dernières lignes construites, les T9 et T10, sont entrées en service en 2021 et 2023. Leur construction a été directement pilotée par IdFM qui a attribué leur exploitation après appel d'offres. Le T9 (sur le cliché de gauche ci-dessous) est exploité par Keolis Ouest Val-de-Marne depuis ses débuts, tandis que le T10 (visible sur la photo de droite) a été attribué à RATP Cap Île-de-France, via RATP Cap Bièvres. Leur exploitation est comprise dans des Délégations de Service Public (DSP) incluant les lignes de bus avoisinantes. 22 et 13 rames Citadis 405 produits par Alstom équipent les deux lignes.
Les autres lignes sont entrées en service entre 1992 et 2014. Elles sont opérées en monopole par l'EPIC (Établissement Public Industriel et Commercial) RATP, via le contrat d'exploitation signé avec IdFM. Ce réseau totalise 105,6 kilomètres, avec 190 stations. Neuf Sites de Maintenance et de Remisage (SMR) assurent la maintenance d'une flotte hétérogène de 261 rames. 320 millions de voyages ont été comptabilisés en 2024.
Conformément aux diverses lois adoptées, le monopole de l'EPIC RATP va progressivement se réduire en Île-de-France. Le tramway est le prochain concerné, prenant la suite du bus. Des différences sont à noter avec ce précédent mode, confie IdFM. Les lignes de tram sont déjà exploitées indépendamment les unes des autres, avec leurs propres PCL (Postes de Commande Locaux) et SMR. Selon l'autorité organisatrice, cela facilite leur allotissement et réduit les besoins de désimbrication des systèmes.

De même, les agents travaillant au tramway (environ 1500 agents contre 18 000 au bus) sont dédiés à chaque ligne. Une loi devra préciser le "sac à dos social" qui s'appliquera aux agents transférés dans les futures filiales exploitant les trois lots, confie IdFM. Les dispositions légales prévues pour les agents travaillant sur les bus ne peuvent pas être utilisées. Toutefois, les dispositions devraient être similaires, confie-t-on.
Les trois lots du tramway RATP
L'option d'un lot unique incluant toutes les lignes a été écartée, donnant une prime au sortant très importante à la RATP. La stratégie d'un lot par ligne est apparue trop complexe, avec un grand nombre de procédures d'appel d'offres à mener. L'équilibre s'est dessiné avec trois lots, constituant autant de Délégations de Service Public (DSP).
L'autorité organisatrice ambitionne de publier les trois avis d'appel publics à la concurrence au "premier trimestre 2027". L'attribution est souhaitée entre fin 2028 et début 2029, pour un début d'exploitation en 2030. La durée estimée des contrats seraient de cinq à dix ans.
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