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Contrat De Mesmaeker
Vous en avez pris l’habitude : en ce début du mois de juin 2026, il est l’heure d’un nouvel édito, avec un clin d’œil franco-belge…
Sur le plan national, le nouveau contrat ... de performance 2027-2032 entre l’État et SNCF Réseau se dévoile (enfin). Les montants annoncés peuvent réjouir : 4,5 milliards d’euros investis par an pour la régénération et la modernisation du réseau ferroviaire français, contre trois milliards d’euros précédemment. Un volume de 1000 kilomètres de voies renouvelées par an, contre 750 dans le précédent contrat, 330 kilomètres de caténaires régénérés contre 250 auparavant. Sept suites-rapides seront mobilisées : trois pour la voie, deux pour les rails et deux pour les caténaires. La régénération va permettre l’adaptation au changement climatique des infrastructures. Un label « projet résilient » serait créé pour mesurer la bonne résilience au changement climatique.
Pour l’exploitation, 89 secteurs-circulations vont basculer en CCR (Commande Centralisée du Réseau), "soit une multiplication par deux", tandis que l’ERTMS va être déployé en priorité sur les LGV (Lignes à Grande Vitesse) Nord et Atlantique. Plusieurs indicateurs de qualité sont introduits, dont la bonne utilisation des plages-travaux par SNCF Réseau.
L’objectif est d’accompagner la hausse continue des trafics, tant sur les services librement organisés que sur les services conventionnés. Toutefois, les LDFT (Lignes de Desserte Fine du Territoire) sont exclues du contrat. Le ministère des transports renvoie vers les CPER (Contrats de Plan État-Régions) Mobilités pour la régénération et la modernisation des infrastructures. "M'enfin" ! Heureusement qu’un ancien chargé de mission chez SNCF Réseau, « borné » et prompt à donner ses leçons, est passé par là …
Néanmoins, le bât blesse pour le financement… les trois milliards d'euros proviennent des péages ferroviaires et du fonds de concours interne au Groupe SNCF.
Le milliard et demi supplémentaire annoncé provient de différentes mannes. La première est une nouvelle fois le Groupe SNCF. 500 millions d’euros vont provenir des bénéfices du Groupe et transiteront via le fonds de concours pour être affectés à SNCF Réseau.
D'autres sources de financement vont être mobilisées. Les CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) sont espérés pour "200 à 300 millions d'euros, avec des sommes moindres dès 2027". Des fonds de l'Union européenne vont être sollicités, dans le cadre du prochain Cadre Financier Pluriannuel. Les services du Premier ministre et la représentation permanente française à Bruxelles sont déjà mobilisés sur le sujet, en partenariat avec le ministère des transports. Le recours à l'épargne privée (banques, fonds d'investissement) va être entrepris pour le déploiement de l'ERTMS. Enfin, le ministère n'exclut pas des fonds étatiques, sans plus de précision.
Autant dire que toutes les sources de financement ne sont pas acquises, à l'image du contrat entre les éditions Dupuis et Monsieur Demesmaeker… Dans l'immédiat, le contrat va faire face au parcours du combattant. Depuis le 1er juin 2026, le projet de contrat est soumis à consultation à l’ensemble des parties prenantes. Lorsqu’il sera finalisé, l’ART (Autorité de Régulation des Transports) sera saisie pour avis. La signature est espérée à l’automne 2026 … comme les "contrats Demesmaeker" ?
Bruxelles, précédemment évoquée, et ses relations avec la France sont l'objet d'un anniversaire en ce début juin 2026… Il y a 30 ans, le service Thalys entrait en fonctionnement entre les deux capitales (via la LGV Nord) ! Le 2 juin 1996, les 26 rames PBA (Paris-Brussels-Amsterdam) et PBKA (Paris-Brussels-Köln-Amsterdam) ont entamé leur circulation entre la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. En 2022, Thalys fusionne avec Eurostar, et adopte le nom de l’opérateur transmanche.
En 2026, Eurostar dispose d’une flotte de 51 rames : les 26 rames ex-Thalys mentionnées ci-avant, 17 rames Velaro E320 produites par Siemens Mobility et huit rames E300 TMST (Trans-Manche Super-Train). La flotte a transporté 20 millions de passagers en 2025, en croissance de 3% par rapport à 2024. Les OD (Origines-Destinations) Paris-Londres, Paris-Amsterdam et Paris-Bruxelles enregistrent respectivement +5%, +6,7 % et +3,7 % de fréquentation. Le chiffre d’affaires est supérieur à deux milliards d’euros, en hausse de 1,7%. L’EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) est de 337 millions d’euros en 2025. Eurostar est détenu par SNCF Voyages Développement (55,75 %), la Caisse des Dépôts et Placements du Québec (19,31 %), SNCB (18,50 %) et Federated Hermes Infrastructure Fund (6,44 %).
D’importants développements sont menés par l’opérateur. L’acquisition de 50 rames neuves Eurostar Celestia, dont 30 en tranche ferme, est lancée depuis octobre 2025. L'investissement est de deux milliards d’euros. Ces rames sont incluses dans le contrat-cadre signé entre SNCF Voyageurs et Alstom pour le TGV M. Un premier paiement de « 90 millions d’euros » a été versé par Eurostar à Alstom. Les 30 premières rames vont venir remplacer les 26 rames ex-Thalys et permettront de lancer de nouvelles liaisons : Londres-Genève, Londres-Francfort et Amsterdam-Genève. La mise en service est annoncée pour mai 2031. En toute vraisemblance, les 20 rames de la levée d'option remplaceront les E300 et amplifieront la croissance de l'offre.
D’ici là, l’Eurostar Celestia sera-t-il produit en train miniature ? Si tel est le cas, certains s’amuseront-ils à faire rouler le modèle réduit à sa vitesse maximale de 320 km/h, comme Gaston Lagaffe fait rouler un TGV miniature à grande vitesse dans le bureau ? Cette facétie fait une nouvelle fois échouer la signature des contrats avec … Monsieur Demesmaeker !
MÉTROPOLITAINEMENT !
Jérémie ANNE
Directeur de la publication de Transports Express Métropolitains

